
Réalisateurs : Bruno Merle, Julien Seri, Les Frères Ferrebeuf, Victor Jaquier, Hugo Veludo, Benjamin Holmsteen et les Frères Decaillon.
Synopsis : Chaque 3 Novembre des phénomènes étranges se déroulent dans le village de Sable Noir. Découvrez 6 histoires indépendantes qui ont fait la légende macabre du lieu.
Distribution : Thierry Fremont, Philippe Bas, Fanny Valette, Anémone, Jacky Berroyer, Louise Monot, Catherine Wilkening…
Sorti en DVD le 28 Octobre dernier sous le titre de Vampyres, on doit en fait reconnaître la saison 2 de « Sable Noir » la mini série Franco-Belge datant de 2006 qui partait du même principe, à savoir : raconter 6 histoires différentes avec des acteurs et réalisateurs différents, le seul liant étant le village de Sable Noir et la date du 3 Novembre !!

Pour d’obscures raisons de droits, la série perd son titre original (Sable Noir donc) qui se voit transformé en « Vampyres« , mais le principe reste le même, 6 histoires différentes mises en scène par 6 réalisateurs différents, mais sur le thème vampirique (la mode Twilight et True Blood étant passée par là …). Autre nouveauté de cette deuxième saison, et pas des moindres, c’est le fait que les producteurs, ont cette fois ci, fait appel à des réalisateurs qui ne sont pas issus du milieu du fantastique ou de l’horreur, ce qui a forcément quelques conséquences…

EDEN
Réalisateur : Bruno Merle
Distribution : Féodor Atkine
Bruno Merle est jusqu’à présent connu pour avoir essayé de faire sortir Michaël Youn de son rôle d’humoriste potache grâce à son film Héros qui connu les foudres de la critique lors de sa sortie en salle. Pour ce premier épisode, Merle situe son histoire dans un parc d’attraction censé représenter le jardin d’Eden, ce qui justifie la présence de belles naïades toutes nues tout le long du métrage ainsi que de jeunes éphèbes d’origine slave, nus également, et musclés comme des employés du bâtiment, avec l’option poutre apparente, bien entendu !!
Totalement surréaliste, des plans d’une longueur hallucinante pour rien du tout, un scénario sans queue (pourtant c’est pas faute de…) ni tête, des acteurs qui parlent en russe sans que ça choque personne !! Et à 3 minutes de la fin du film, Merle semble se souvenir qu’il fait un épisode dont la thématique est les vampires !! Du coup, il torche un final dans l’obscurité où on ne voit que dalle et l’action (un bien grand mot !!) est illisible à cause d’effets stroboscopiques mal venus. Au final, il en ressort un mix étrange entre un film d’Eric Rohmer et un film de vampire de Jean Rollin. A oublier d’urgence !!!
IN MEMORIAM
Réalisateur : Victor Jaquier et Hugo Veludo
Distribution : Fanny Valette et Catherine Wilkening
Réalisateurs de courts métrages, Jaquier et Veludo, nous racontent l’histoire de la jeune Laura (Fanny Valette) qui revient dans sa maison familiale, trois ans après le suicide de sa mère (Catherine Wilkening) dans celle-ci. Classique dans le bon sens du terme, autant dans sa construction narrative que dans ses effets, In Memoriam bénéficie d’une photo magnifique et de l’excellente interprétation de ses actrices principales.
On retrouve la même ambiance (toute proportion gardée !!) que dans les récentes productions hispaniques telles que l’Orphelinat ou encore Abandonnée, ce qui est un sacré gage de qualité.
Le seul problème, et non des moindres dans une thématique intitulée Vampyres, c’est que c’est une histoire de fantômes !!
Malgré ça, si on fait abstraction du hors sujet flagrant des réalisateurs, In Memoriam reste l’un des meilleurs segments de cette saison 2.

LA VIE ETERNELLE
Réalisateur : Alexis et Jonathan Ferrebeuf
Distribution : Thierry Frémont
Egalement réalisateurs de courts métrages, les frères Ferrebeuf nous narrent l’histoire de ce père de famille (Thierry Frémont), journaliste de métier, qui vient emménager avec sa femme et son fils dans le village de Sable Noir, pour soigner son gamin atteint d’une rare maladie sanguine. Scénario convenu, pour cet épisode où l’on devine toutes les ficelles avant même que celles-ci soient tendues.
Le film se regarde avec un ennui poli, et ce grâce à la présence de Thierry Frémont, que l’on a connu bien meilleur, mais qui sans forcer son talent, arrive à surnager au milieu de cette histoire courue d’avance. Malheureusement, dans cet épisode, tout est question de lenteur, que ce soit dans le manque d’action que dans les réactions des personnages (le personnage voit son fils se faire enlever, et limite, il s’en fout…). Un épisode dispensable.
LEGENDE DE SANG
Réalisateur : Julien Seri
Distribution : Philippe Bas
Véritable fleuron de cette saga vampirique, ce segment conçu par le réalisateur de Scorpion et des Fils du Vent, est de très loin le meilleur de la saison. L’histoire raconte comment un enfant est retrouvé errant dans le village, mordu par un vampire et condamné à le devenir lui-même. Adopté par une famille de paysan, il fait bannir par conséquent sa nouvelle famille.
20 ans plus tard, il lui est de plus en plus difficile de contenir la bête qui sommeille en lui.
Réalisé avec punch (ce qui fait cruellement défaut aux autres épisodes) et brio, par Julien Seri, ce segment mérite à lui seul l’achat de Vampyres en DVD. Il réussit en 40 minutes, à créer une atmosphère pesante dans un contexte original (pour une histoire de vampire), tout en se permettant quelques libertés bienvenues sur le mythe des suceurs de sang.
Super bien rythmé, le réalisateur passe avec beaucoup d’aisance, des scènes intimistes aux scènes d’action avec beaucoup de justesse et bénéficie de la participation musclée de son acteur principal Philippe Bas, malheureusement encore trop méconnu. Une véritable découverte.

LES AMES MEURTRIES
Réalisateur : Benjamin Holmsteen
Distribution : Jacky Berroyer et Anémone
A nouveau un réalisateur issu du court métrage pour cet épisode qui commence au XIème siècle et où l’on voit une famille de paysans se faire massacrer par des Templiers. Saut dans le temps, on se retrouve à notre époque, avec un jeune couple venu rendre visite au père du jeune homme, afin de lui annoncer leur futur bébé.
Le scénario est incompréhensible et vraiment bordélique dans sa construction. En simples guests, Berroyer et Anémone, nous gratifient d’une scène surréaliste avec des dialogues dignes d’une joute verbale entre le roi Arthur et Perceval dans Kaamelott.
Véritable OVNI d’une maladresse énervante, le réalisateur réussit l’exploit de mêler scènes historiques, humour, fantômes et sacrifices rituels en moins de 30 minutes au grand désarroi du spectateur qui ne sait pas ce qu’il est en train de visionner !! Comme ce fut le cas pour In Memoriam, il s’agit d’un hors sujet total, mais ici, il n’y a rien à sauver…
SODIUM BABIES
Réalisateur : Julien et Benoit Decaillon
Distribution : Benoit Decaillon, Edouard Audouin…
Film à part dans ce DVD que l’on considérera plus comme un bonus, il s’agit d’une auto-production 100% amateur qui aura nécessité 4 années de travail acharné à une bande de potes originaires de Poitiers. D’une durée d’1h27, ce film est l’archétype même du film amateur, avec tout ce que cela comporte de qualités comme de défauts. Extrêmement généreux, les réalisateurs tombent tout le temps dans l’excès et cela à tous les niveaux.
L’histoire de cet ancien militaire, se faisant enrôler de force par une goule pour servir les besoins d’une communauté de vampire et pour le moins décousue et on a vraiment du mal à comprendre où cela nous mène. Fortement influencés par l’univers de la BD et des jeux vidéos, les réalisateurs abusent là aussi d’effets spéciaux et d’effets de style façon Sin City, alors qu’ils n’ont pas les moyens techniques de faire en sorte que cela rende bien à l’écran. A leur décharge, on retiendra, qu’ils ne pensaient surement pas que leur film se retrouverait un jour sur un DVD vendu dans le commerce et ce, aux côtés de réalisateurs professionnels, dans un contexte tel que Sable Noir.

Malgré les épisodes In Memoriam et Légende de Sang, cette nouvelle saison de Sable Noir, est assez décevante. Toutes les histoires des courts métrages étant des adaptations de nouvelles ou de bandes dessinées, elles auraient mérité d’être beaucoup mieux écrites dans leurs adaptations cinématographiques.


Pour ceux qui voudraient néanmoins prolonger le plaisir ou qui sont tout simplement curieux, Vampyres se décline également en BD en 2 tomes chez Dupuis à 16€ pièce. Mais aussi en recueil de 6 nouvelles éditées par J’ai Lu en format poche pour 5,60€.









5 Comments, Comment or Ping
J’ai aussi ce DVD que j’ai acheté après les deux tomes de la BD qui m’avaient beaucoup plu. J’ai tellement été déçu par le premier court métrage que je n’ai pas encore regarder les suivants.. Il va quand même falloir que je m’y mette et je verrai si je suis d’accord avec toi (pour le premier c’est la cas..)
nov 25th, 2009
En voyant l’affiche je me suis dit « tiens un film de vampires et je ne suis pas au courant ! »
Mais non ce n’est que sable noir qui revient sous un autre nom… J’avais pas mal suivi le projet à l’époque puisque j’étais stagiaire chez la chaine Jimmy. Du coup j’avais été à l’avant première du truc où yavait même samuel le bihan… J’en garde un mauvais souvenir. En fait je garde le même souvenir qu’à chaque fois que je regarde un film d’horreur français. Des bonnes idées mais le tout affreusement mal mis en scène. Il me semble cependant que yavait un ou deux segments pas trop mal.
En tout cas ta critique ne me donne pas envie de voir cette saison 2
! Je suis quand même curieuse de savoir qui est derrière ce nouveau projet… Ca fait presque 4 ans maintenant quand même. Février 2006…
déc 14th, 2009
C’est clair que je n’ai pas fait le parallèle avec la première saison, qui était fort louable à l’époque ( les master of horror en France, fallait oser ^^). Mais déjà à l’époque c’etait un coup d’épée dans l’eau car les segments etaient déjà très inégaux entre eux. Seul celui réalisé par Xavier Gens sortait du lot.
Et bien cette seconde saison est du même acabit. La démarche est louable, mais le rendu n’est malheureusement pas au rendez vous, hormis pour le segment réalisé par Julien Seri, qui est, pour le coup, le meilleur des 2 saisons confondues.
déc 14th, 2009
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